« Par rapport à l’année dernière, ça a pris 1 euro sur le kilo » : ce que les vendeurs en supermarché ne disent pas sur les tomates cet été
En supermarché, les tomates coûtent déjà 1 euro de plus au kilo cette saison. Voici pourquoi les prix pourraient encore grimper.
Vous glissez machinalement un paquet de tomates dans votre panier au supermarché, comme vous le faites chaque été. Pourtant, cette saison, le geste pourrait coûter plus cher que prévu. Entre récoltes retardées, météo défavorable et coûts de production en hausse, plusieurs signaux alertent déjà les professionnels du secteur.
Des tensions qui s’accumulent sur toute la filière tomate
Avec l’arrivée des beaux jours, les tomates reviennent naturellement dans les cuisines. En salade, en tarte, en sauce ou simplement coupées avec un filet d’huile d’olive, elles font partie des produits que l’on achète presque sans y penser dès que l’été approche.
Pourtant, cette année, la situation est différente. Les coûts de production ont progressé, les récoltes démarrent lentement, et la météo capricieuse complique le calendrier des producteurs. Par conséquent, les prix ressentis en magasin reflètent déjà ces difficultés.
Du côté des tomates transformées, la marque italienne Mutti, connue pour ses conserves, purées et sauces, a prévenu qu’une hausse des prix restait possible. Cette hausse dépend du niveau des coûts de l’énergie pendant la période cruciale des récoltes estivales, rapporte The Mirror. Or, cette étape pèse lourd : entre juillet et septembre, les tomates sont cueillies, transformées puis expédiées à grande échelle.
« Là, en fonction du niveau, nous devrons prendre la décision quant à notre position sur le marché. » – Francesco Mutti, directeur général de Mutti
La récolte italienne, un élément clé pour les prix en rayon
Le directeur général de Mutti, Francesco Mutti, explique que l’entreprise a jusqu’ici réussi à éviter une hausse de ses prix. La marque consomme environ les trois quarts de son énergie annuelle durant cette seule période de haute saison.
Ainsi, si le pétrole et le gaz restent chers, la pression pourrait se répercuter sur les produits en rayon une fois la saison terminée. Francesco Mutti rappelle que la récolte de tomates italiennes de cette année sera un « élément clé » pour déterminer si les tarifs doivent être modifiés.
Pour les consommateurs, cela signifie qu’une boîte de tomates, une sauce ou une purée achetée en grande surface pourrait coûter plus cher dans les prochains mois. La décision finale sera prise à la fin des récoltes.
Des prix déjà en hausse avant le plein démarrage de la saison en supermarché
Les tomates fraîches sont, elles aussi, sous tension. Au Royaume-Uni, les producteurs travaillant sous serre subissent à la fois l’augmentation des engrais et celle de l’énergie. Certains auraient vu leurs frais fixes d’électricité progresser jusqu’à 80 % depuis avril, selon l’Association britannique des producteurs de tomates.
De plus, dans certains magasins, des rayons se sont déjà retrouvés moins fournis, notamment pour les tomates, les poivrons ou les concombres. La situation touche donc plusieurs légumes de saison en même temps.
En France aussi, les prix ont augmenté en début de saison. Sur le marché d’Agde, certaines tomates atteignaient près de 8 euros le kilo, selon franceinfo. Un vendeur de fruits et légumes résumait ainsi la situation : forte demande, peu de marchandise disponible, et une hausse d’environ 1 euro par kilo par rapport à l’année précédente.
- La marque Mutti consomme environ les trois quarts de son énergie annuelle entre juillet et septembre.
- Les prix des tomates fraîches ont déjà augmenté en début de saison en France.
- Sur le marché d’Agde, certaines tomates atteignaient près de 8 euros le kilo.
- Des producteurs britanniques sous serre auraient vu leurs frais d’électricité progresser jusqu’à 80 % depuis avril.
- La récolte française ne fait que commencer, ce qui pourrait permettre aux prix de redescendre progressivement.
Un espoir côté récolte française
La récolte française ne fait toutefois que commencer. Cela pourrait permettre aux prix de redescendre progressivement dans les rayons des magasins. En revanche, tout dépendra des conditions météo des prochaines semaines.
Les acheteurs habituels du supermarché ont donc intérêt à surveiller les étiquettes de près. La pression sur les prix concerne aussi bien les tomates fraîches que les produits en conserve.
Ce que cela change concrètement pour vos courses au supermarché
Passer devant le rayon tomates au supermarché cet été pourrait surprendre plus d’un consommateur. Les prix affichés reflètent une accumulation de facteurs : énergie, engrais, météo et calendrier des récoltes. Chacun de ces éléments pèse sur la facture finale.
Aussi, les tomates transformées – conserves, purées, sauces – ne sont pas épargnées. La marque Mutti a clairement indiqué que sa décision tarifaire dépendra du bilan des récoltes estivales. D’autres acteurs de la grande distribution pourraient suivre le même raisonnement.
Pour les achats en supermarché, il peut être utile de comparer les origines et les formats disponibles. En revanche, pour les tomates fraîches, se tourner vers les marchés locaux ou les producteurs régionaux en pleine saison reste une option à envisager. La récolte française démarre, et les prix pourraient s’ajuster dans les prochaines semaines selon l’évolution de l’offre disponible dans les rayons.