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Cette plante invasive plantée en haie peut vous coûter jusqu’à 15 000 euros de travaux

SoonNight - Cette plante invasive plantée en haie peut vous coûter jusqu'à 15 000 euros de travaux

Bambou traçant ou renouée du Japon plantés en haie peuvent engager votre responsabilité. Une plante invasive peut coûter jusqu'à 15 000 euros.

Une facture de 15 000 euros pour une haie plantée dans son propre jardin : ce scénario, loin d’être exceptionnel, guette chaque propriétaire qui choisit une plante invasive sans en mesurer les conséquences. En France, certaines espèces à croissance rapide cumulent deux risques majeurs : des dégâts matériels souterrains et une responsabilité légale pleine et entière.

Quand la facture des dégâts dépasse l’entendement

Avant même d’évoquer la loi, c’est l’aspect financier qui frappe le plus. Lorsque les rhizomes d’une plante envahissante s’étendent sous terre et atteignent la propriété voisine, les réparations nécessaires sont lourdes. Une entreprise spécialisée doit excaver la terre, détruire l’intégralité du réseau racinaire, puis réparer les dégâts causés aux terrasses, aux canalisations ou aux fondations.

Ces interventions génèrent des factures qui oscillent fréquemment entre 3 000 et 15 000 euros. C’est le propriétaire de la plante qui règle l’addition, car c’est lui qui en a la garde au sens juridique du terme. Autant dire que le choix d’une espèce au moment de la plantation n’est pas anodin.

Le mécanisme souterrain d’une plante invasive

Le danger ne se voit pas à la surface. Le bambou traçant et la renouée du Japon développent des tiges souterraines appelées rhizomes, dont la puissance est redoutable. Ces rhizomes peuvent progresser de jusqu’à 10 mètres par an et ne rencontrent pratiquement aucun obstacle.

En effet, ils percent le bitume, soulèvent les dalles de béton et endommagent les canalisations en PVC en cherchant l’humidité. La renouée du Japon, introduite au XIXe siècle comme plante ornementale, est aujourd’hui classée parmi les pires espèces envahissantes au monde. Une fois ces végétaux installés, leur éradication est extrêmement difficile et le terrain se couvre rapidement de pousses incontrôlables.

Ce que la loi dit sur les espèces envahissantes

Le cadre légal repose sur deux textes distincts. D’abord, l’article L.411-6 du Code de l’environnement interdit l’introduction, la détention, le transport et l’utilisation des espèces listées comme exotiques envahissantes par le ministère de la Transition écologique. Planter une espèce figurant sur cette liste constitue donc une infraction.

Ensuite, si une plante invasive cause des dégâts chez un voisin, l’article 1240 du Code civil entre en jeu. Le propriétaire est responsable des dommages causés par les choses qu’il a sous sa garde. Dès lors que le lien entre les rhizomes et les dégâts est établi, il doit financer l’intégralité des réparations au titre du trouble anormal du voisinage. Le risque est donc double : pénal d’un côté, civil de l’autre.

La seule solution préventive vraiment efficace

Face à ce constat, une seule mesure préventive fait réellement ses preuves avant la plantation d’une espèce à rhizomes : l’installation d’une Barrière Anti-Rhizomes, souvent désignée par le sigle BAR. Son efficacité dépend directement de la qualité de sa mise en place.

  • Matériau obligatoire : polyéthylène haute densité d’au moins 1 millimètre d’épaisseur
  • Profondeur d’enfouissement : 70 centimètres minimum sous la surface du sol
  • Dépassement au-dessus du sol : 5 centimètres pour bloquer les rhizomes en surface
  • À éviter absolument : les simples bâches ou les tôles, percées par les rhizomes en moins de deux ans

Car l’erreur la plus courante consiste à croire qu’une bâche ordinaire ou des plaques métalliques suffisent. Les rhizomes les traversent en moins de deux ans. Seule la barrière en polyéthylène haute densité, correctement dimensionnée et enfouie, constitue un obstacle durable. Poser cette barrière avant la plantation, c’est la seule façon d’éviter que le rêve d’intimité ne se transforme en litige coûteux avec le voisinage.

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