« Ma maid gagne plus qu’un Français » : ce que le salaire de Maeva Ghennam révèle sur le pouvoir d’achat des Français
Le pouvoir d'achat des français questionné par Maeva Ghennam, qui compare son salaire à celui de sa femme de ménage à Dubaï.
Le pouvoir d’achat des Français fait débat jusque sur les réseaux sociaux, et une déclaration récente d’une influenceuse connue a mis le feu aux poudres. Maeva Ghennam a affirmé publiquement que sa femme de ménage, employée à Dubaï, dispose d’un meilleur pouvoir d’achat qu’un salarié vivant en France.
Ce que la comparaison révèle sur le quotidien financier des Français
Tout commence par une question posée en story Instagram par Maeva Ghennam à ses abonnés. Elle leur demande si, après avoir réglé impôts, électricité et autres factures, il leur reste 1 000 euros par mois.
La réponse de la majorité est sans appel. Non, il ne reste pas 1 000 euros. Ce constat, partagé massivement, illustre une réalité que beaucoup de ménages français reconnaissent chaque fin de mois.
L’influenceuse s’appuie sur ce résultat pour avancer une affirmation frappante. Sa employée de maison philippine, vivant à Dubaï, construirait sa propre maison grâce à son salaire, car elle disposerait d’un pouvoir d’achat supérieur à celui de nombreux travailleurs français.
Cette déclaration a rapidement circulé au-delà d’Instagram. Elle a notamment nourri une discussion dans l’émission Les Grandes Gueules sur RMC, où le youtubeur Sam Zirah a pris position.
Les salaires à Dubaï, loin d’un eldorado sans nuances
Derrière le chiffre avancé par Maeva Ghennam, la réalité est plus complexe. Les rémunérations des employées de maison aux Émirats arabes unis dépendent directement de la nationalité de l’employée, selon des accords bilatéraux conclus entre Dubaï et les pays d’origine.
Ainsi, une employée philippine perçoit entre 1 500 et 2 500 dirhams par mois, soit environ 375 à 625 euros. Une employée originaire d’Inde, du Pakistan ou du Bangladesh touche, quant à elle, entre 1 200 et 1 800 dirhams, ce qui représente 300 à 450 euros environ.
Ces montants paraissent faibles. Pourtant, la législation émiratie impose aux employeurs de fournir logement, nourriture, vêtements et soins médicaux. Le salaire versé constitue donc un revenu quasi intégralement disponible, sans loyer ni courses à déduire.
Une autre influenceuse installée à Dubaï, Jazz Correia, a apporté un témoignage chiffré sur ce sujet. Elle indique verser 5 000 dirhams par mois à sa nourrice, soit environ 1 200 euros, en plus du logement, des repas, d’un forfait téléphone, d’un jour de repos hebdomadaire et d’un mois de vacances annuel.
Des droits sociaux absents que le pouvoir d’achat des Français inclut pourtant
Sam Zirah a rappelé un point crucial lors de son passage sur RMC. Le pouvoir d’achat des Français ne se réduit pas au montant net sur le compte en banque en fin de mois.
Il intègre aussi des horaires encadrés, des congés payés, des protections en cas de licenciement et des droits sociaux construits sur des décennies. Ces éléments n’ont pas de traduction directe en dirhams, mais ils représentent une valeur réelle pour chaque salarié.
Or, à Dubaï, les conditions de travail des employées domestiques sont loin de ces standards. Les domestiques peuvent travailler jusqu’à 12 heures par jour, avec un seul jour de repos par semaine.
Amnesty International dénonce par ailleurs le système de parrainage appelé kafala. Ce dispositif lie les travailleurs migrants à leurs employeurs, limite fortement leur mobilité professionnelle et les expose à des vols de salaires, des horaires excessifs et un endettement important dû aux frais de recrutement.
- Les domestiques ne peuvent pas former de syndicats ni se réunir pacifiquement.
- La loi prévoit certaines protections, mais Amnesty International constate qu’elle reste peu appliquée.
- Le lourd endettement lié au recrutement pèse sur de nombreuses travailleuses dès leur arrivée.
- La mobilité professionnelle reste très restreinte sous le système kafala.
Maeva Ghennam, une influenceuse au cœur d’un débat sensible
L’influenceuse ne s’exprime pas depuis une position neutre. En 2025, Maeva Ghennam a été condamnée par la justice française pour pratiques commerciales illégales. Elle a dû régler 150 000 euros à la justice.
Dès lors, sa prise de parole sur le pouvoir d’achat des Français est perçue par certains comme une tentative de rebondir sur un sujet populaire. Sam Zirah l’a d’ailleurs directement accusée de « surfer sur le sujet du pouvoir d’achat en France » pour regagner de la visibilité.
Cependant, la question qu’elle soulève touche à quelque chose de concret pour beaucoup de familles françaises. Payer ses factures, son loyer, ses courses, et constater qu’il ne reste presque rien, c’est une réalité que de nombreux foyers vivent chaque mois.
Par conséquent, même si la comparaison entre un salarié français et une employée de maison à Dubaï reste très approximative, elle a eu le mérite de relancer une discussion nécessaire sur ce que signifie vraiment vivre avec un salaire en France en 2026. Car le pouvoir d’achat des Français, au-delà des chiffres bruts, se mesure aussi à ce qu’il reste une fois toutes les contraintes du quotidien assumées.