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Un boulanger alerte : le croissant « au beurre » que vous achetez n’en est peut-être pas un

Soonnight - Un boulanger alerte : le croissant "au beurre" que vous achetez n'en est peut-être pas un

Un boulanger alerte sur l'usage de beurres hybrides dans vos viennoiseries. Vérifiez la composition de votre croissant avant de l'acheter.

Votre boulanger vous vend peut-être un croissant qui ne contient pas ce que vous croyez, et la révélation a de quoi surprendre. Une enquête menée par Le Parisien a mis en lumière une pratique grandissante chez certains boulangers artisans, qui touche directement votre petit-déjeuner quotidien.

Le prix du beurre, coupable numéro un

Pour comprendre le problème, il faut d’abord regarder les chiffres. Au moment de l’enquête, le beurre atteignait environ 12,60 euros le kilo, un tarif qui pèse lourd dans les marges d’une boulangerie artisanale.

Face à cette pression, deux options existaient déjà depuis longtemps. La margarine, vendue autour de 4 euros le kilo, représentait l’alternative bon marché la plus connue.

Or, un troisième produit a désormais fait son apparition dans les laboratoires de fabrication. Ce beurre hybride s’affiche à 7 euros le kilo, soit presque à mi-chemin entre les deux options historiques.

Cet écart de prix n’est pas anodin pour un artisan qui produit des dizaines, voire des centaines de viennoiseries chaque matin. Par conséquent, la tentation d’opter pour ce produit intermédiaire devient très concrète.

Un produit hybride que le boulanger n’affiche pas en vitrine

Ce beurre hybride n’est pas un produit artisanal. Il s’agit d’une préparation industrielle qui associe une petite part de beurre véritable à des matières grasses végétales, dont parfois de l’huile de palme, ainsi qu’à de l’eau.

Plusieurs marques le commercialisent sous des noms spécifiques. Vandemoortele propose le St-Allery, Puratos distribue le Mimetic, et Corman vend le Patisy.

Dans chaque cas, le beurre n’est qu’un composant minoritaire de la recette. Les matières grasses végétales occupent, en revanche, une place bien plus importante dans la composition finale.

Ces produits ne servent pas uniquement à feuilleté des croissants. Les boulangers les utilisent également dans d’autres pâtes à gâteaux et viennoiseries variées.

Ce que le consommateur achète sans le savoir

Le nœud du problème tient en une phrase prononcée par un professionnel interrogé par Le Parisien. Il décrit lui-même la situation comme un croissant qui n’en est pas un, vendu pourtant sous cette étiquette.

Plusieurs boulangers ont reconnu recourir à ce produit hybride. Cependant, aucun ne le signale clairement en boutique, ni sur l’étiquette, ni à l’oral.

Le croissant fabriqué avec ce mélange se retrouve ainsi vendu au même prix qu’un croissant pur beurre. Pour le client, la différence est quasi invisible au moment de passer en caisse.

Au goût, l’écart reste difficile à détecter pour des palais non avertis. De plus, la présentation en vitrine ne trahit rien non plus visuellement.

Comment repérer un vrai croissant pur beurre chez votre boulanger

Quelques boulangers choisissent néanmoins la transparence et le fait savoir. Ils précisent, par exemple, que leur beurre bénéficie d’une appellation d’origine protégée (AOP), une mention qui garantit une qualité supérieure et traçable.

Cette indication volontaire reste encore minoritaire. Pourtant, elle constitue un signal fiable pour distinguer un vrai produit artisan d’un produit intermédiaire.

  • Vérifier la mention « pur beurre » plutôt que simplement « au beurre » sur l’étiquette ou l’ardoise
  • Chercher une précision AOP sur le type de beurre utilisé
  • Interroger directement votre artisan sur la nature des matières grasses employées
  • Observer si la boulangerie affiche une politique de transparence sur ses ingrédients

La question mérite d’être posée ouvertement. Un boulanger fier de ses matières premières n’aura aucune réticence à vous répondre.

Une pratique qui révèle les tensions du secteur artisanal

Les boulangeries-pâtisseries subissent, comme l’ensemble des commerces alimentaires, une inflation sévère sur leurs matières premières. Répercuter entièrement cette hausse sur le prix de vente reste risqué, car cela peut faire fuir la clientèle.

Dès lors, certains artisans cherchent des solutions de remplacement pour préserver leurs marges. Le produit hybride répond à cette logique économique, même si elle s’effectue au détriment de la clarté pour l’acheteur.

Le croissant reste l’un des symboles les plus forts de la gastronomie française. Par ailleurs, il figure parmi les premières choses que les visiteurs étrangers souhaitent goûter en arrivant en France. Voir cet emblème concerné par des pratiques peu transparentes touche donc quelque chose de profond dans notre rapport à la boulangerie artisanale. La prochaine fois que vous pousserez la porte de votre boulanger préféré, la question de la composition de vos viennoiseries vaudra la peine d’être posée à voix haute.

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