Quand le substrat est sec, il plonge ses plantes d’intérieur dans une bassine
André Alonso explique pourquoi les plantes d'intérieur à substrat très sec doivent être arrosées par immersion pour une réhydratation uniforme.
Faut-il arroser ses plantes d’intérieur par le dessus ou les plonger dans une bassine ? La question revient sans cesse sous les vidéos de jardinage sur TikTok. André Alonso, alias La Reina Plantil, y répond avec une précision qui tranche avec les conseils habituels.
André Alonso, l’expert qui part toujours du substrat et de la lumière
André Alonso est espagnol et très suivi dans la jardinerie digitale. Il ne parle ni de mode ni de décoration, mais de lumière, de racines et de substrat. Ainsi, il démonte les croyances qui, selon lui, « n’ont pas une base technique claire ».
Sa méthode commence par la lumière réelle, pas la proximité d’une fenêtre. Dans des propos cités par Maison & Travaux, il résume : « La question n’est pas de savoir s’il y a une fenêtre près, mais où se trouve réellement la lumière. » Derrière une vitre, l’intensité descend autour de 20 000 à 50 000 lux, contre 40 000 à 130 000 lux en plein air.
Pourtant, même derrière une vitre, la plante transpire davantage. Plus de lumière signifie plus d’évaporation et un substrat qui sèche plus vite, surtout en hiver avec le chauffage.
Stress hydrique ou pourriture : deux erreurs opposées
Quand le terreau reste sec trop longtemps, la plante entre en stress hydrique. Les bords des feuilles brunissent, elles sèchent et se recroquevillent. Ce signal est clair.
En revanche, loin de la fenêtre, la plante boit peu. Un arrosage trop fréquent finit alors par faire pourrir les racines. Les deux excès abîment les végétaux de la même façon.
« L’important quand tu arroses n’est pas comment tu le fais, mais que le substrat reste homogène. »
Autrement dit, la vraie question est de savoir si la motte boit encore correctement. C’est ce point précis qui détermine la méthode à choisir.
Substrat très sec : l’arrosage par immersion comme seule solution efficace
Pour André Alonso, le signe qui doit faire basculer vers l’immersion, c’est un substrat très sec. Dans cette situation, arroser par le dessus ne suffit plus. L’eau file par les bords du pot sans pénétrer le centre de la motte, devenue hydrophobe.
L’immersion est alors l’option correcte : l’eau remonte par capillarité depuis le bas et réhydrate la terre de manière uniforme. Un simple arrosoir ne peut plus faire ce travail.
Concrètement, il conseille de plonger le pot dans un récipient rempli d’eau reposée jusqu’à environ deux tiers de sa hauteur, et de le laisser entre 10 et 20 minutes. L’eau monte alors doucement dans tout le substrat.
- Sortir le pot et le laisser bien s’égoutter avant de le remettre en place.
- Ne pas laisser le pot immergé trop longtemps pour éviter la pourriture des racines.
- Ne pas replacer le pot dans un cache-pot où l’eau resterait au fond.
- Alterner immersion et arrosage par le dessus si une croûte blanchâtre de sels apparaît en surface.
- Utiliser de l’eau reposée pour remplir le récipient d’immersion.
Comment savoir si la plante a vraiment soif
Avant tout arrosage, Alonso conseille de vérifier trois choses. D’abord, enfoncer un doigt à quelques centimètres dans la terre. Ensuite, soupeser le pot et observer les feuilles.
Une perte de fermeté et des pointes sèches évoquent la soif. En revanche, un jaunissement avec une terre encore humide indique plutôt un excès d’eau. Ces deux signaux sont opposés et ne doivent pas être confondus.
Au printemps et en été, quand lumière et chaleur augmentent, ces contrôles deviennent encore plus indispensables pour les plantes d’intérieur.
Quelles plantes d’intérieur arroser par immersion, et lesquelles éviter
Toutes les plantes d’intérieur ne réagissent pas de la même façon à cette technique. Selon André Alonso, celles qui apprécient le plus l’immersion sont les espèces au substrat qui se compacte facilement ou aux feuilles sensibles à l’eau directe.
Il cite notamment des tropicales délicates, des fougères et plusieurs plantes fleuries de salon. Chez elles, une motte réhydratée en profondeur se voit souvent en quelques heures sur la fermeté du feuillage. Parmi les espèces concernées, on trouve les calathéas, les fougères, les violettes africaines, les orchidées, les spathiphyllums, les pothos, les bonsaïs et les fitonias.
Les grandes exceptions restent les succulentes et les cactus, qui supportent mal l’humidité prolongée. Pour eux, mieux vaut un arrosage rare par le dessus en laissant le substrat sécher complètement entre deux apports. Ainsi, chaque espèce de plantes d’intérieur demande une approche adaptée à sa nature et à son environnement.