Météo-France confirme une trêve de la canicule cette semaine avant un retour des fortes chaleurs dès le week-end
Météo France signale que la canicule exceptionnelle de 2026 régresse mais que les températures repartent à la hausse dès jeudi.
Depuis le 17 juin 2026, la France traverse une période de chaleur sans précédent dans son histoire météorologique. Météo France a documenté des records absolus de température, des nuits éprouvantes et des effets durables sur les sols et les forêts. Ce que les prochains jours réservent au pays mérite d’être examiné avec soin.
Une vague de chaleur déjà inscrite dans l’histoire
Cet épisode caniculaire est désormais la 52e vague de chaleur recensée en France depuis 1947. Il dépasse la canicule d’août 2003 en termes d’intensité et lui est équivalent en durée. Les services de Météo France placent cet événement parmi les plus sévères jamais mesurés sur le territoire.
Les 24 et 25 juin ont constitué les journées les plus chaudes jamais enregistrées en France. Pour la première fois, la moyenne nationale sur 24 heures a franchi les 30 °C, devançant les 29,9 °C mesurés le 23 juin. Les après-midis de ces deux jours ont aussi battu tous les records, avec 38,5 °C en moyenne des températures maximales le 24 juin et 38 °C le 25 juin. La nuit du 24 au 25 juin a par ailleurs été la plus chaude jamais observée, avec 22,0 °C en moyenne des températures minimales sur l’ensemble du pays.
À Paris, le thermomètre a dépassé les 40 °C les 24 et 25 juin. Ce seuil n’a été franchi que cinq fois dans la capitale depuis le début des mesures en 1947 : 42,6 °C le 25 juillet 2019, 40,6 °C le 24 juin 2026, 40,5 °C le 19 juillet 2022, 40,4 °C le 28 juillet 1947, et 40,1 °C le 25 juin 2026.
Des records locaux qui donnent le vertige
Dans de nombreuses villes, les maximales ont atteint des niveaux jamais vus. Météo France a ainsi relevé 43,8 °C à Saintes (Charente-Maritime) le 24 juin, 43 °C à Brive (Corrèze) le 22 juin, 42,7 °C à Cognac (Charente) et à Niort (Deux-Sèvres) le 23 juin. Plus au nord, 41 °C à Colmar (Haut-Rhin) et 40,4 °C à Nancy (Meurthe-et-Moselle) ont été mesurés le 26 juin.
Les nuits n’ont offert aucun répit. Le 25 juin, les températures minimales ont atteint des niveaux inédits tous mois confondus : 27,2 °C à Nantes, 27,1 °C à Orly, 26,8 °C à Bordeaux, 26,4 °C à Paris et 26,2 °C à Vannes. Dormir dans ces conditions a constitué un défi réel pour des millions de personnes.
Les conséquences sur les sols et les forêts
La sécheresse des sols s’aggrave de jour en jour. Après un répit en mai, la situation s’est dégradée rapidement. Au 27 juin, les sols de l’Alsace, de l’Aquitaine, de l’Auvergne, du Limousin et de Midi-Pyrénées se rapprochent de leur niveau le plus sec jamais observé depuis le début des mesures en 1959. Les pluies tombées ces derniers jours, avec des cumuls de 20 à 30 mm par endroits, n’ont pas encore inversé la tendance.
Du côté des forêts, la végétation desséchée par les semaines de chaleur et l’absence de précipitations alimente une hausse du nombre de feux de culture, de broussailles et de forêt, notamment dans les régions centrales et le sud. Par ailleurs, un épisode de mistral et de tramontane se développe ce lundi 29 juin sur le Sud-Est. D’abord modéré sur le Roussillon, l’Aude, l’Hérault et le couloir rhodanien, ce vent se renforce mercredi et jeudi avec des rafales probables de 70 à 80 km/h par endroits. Il se maintient jusqu’au week-end entre Languedoc-Roussillon et Ouest-Provence, amplifiant ainsi le risque d’incendie. L’est de la Provence reste peu affecté, sauf mercredi.
- 43,8 °C à Saintes – record absolu le 24 juin
- 27,2 °C à Nantes – température minimale record la nuit du 25 juin
- 11 079 impacts de foudre recensés le samedi 27 juin sur le territoire
- Sols proches du niveau le plus sec observé depuis 1959 dans plusieurs régions
- Rafales de mistral et tramontane attendues à 70-80 km/h en fin de semaine
Des orages violents ont traversé le pays ce week-end
Le week-end du 28 au 29 juin a connu des orages très actifs. Le samedi 27 juin au soir, une intense activité électrique a frappé du Centre-Val de Loire à la Normandie, en passant par le bassin parisien et les Hauts-de-France, avec environ 11 079 impacts de foudre recensés sur la journée. Dimanche 28 juin, des orages violents ont balayé une large bande centrale du pays, des Pyrénées aux frontières du Nord-Est, avec de la grêle, des pluies intenses et de fortes rafales de vent.
Ce lundi 29 juin, des averses localement orageuses se forment sur le flanc est du pays, entre les Alpes et l’Alsace, ainsi que sur le Massif central et les Pyrénées. L’instabilité se poursuit mardi. Ces phénomènes accompagnent donc le recul progressif de la chaleur sur une grande partie du territoire.
Ce que Météo France prévoit pour la suite
La chaleur recule ce début de semaine sur la majeure partie du pays. Les températures restent cependant 2 à 5 degrés au-dessus des normales de saison. Sur le quart sud-est, notamment en Corse, dans le Var, les Alpes-Maritimes et les Alpes-de-Haute-Provence, les fortes chaleurs persistent ce lundi. Météo France estime que cette vague de chaleur historique prendra probablement fin avec la nouvelle baisse attendue mercredi et jeudi.
Le répit sera de courte durée. À partir de jeudi, les conditions anticycloniques se renforcent et les températures repartent à la hausse par le sud du pays. Les jours suivants, les maximales dépassant 30 °C deviendront de plus en plus fréquentes. La configuration européenne reste en effet propice à une anomalie chaude sur l’ensemble du territoire. Météo France précise qu’il reste difficile, à cet horizon de prévision, d’être plus précis sur l’intensité des fortes chaleurs.
Ce retour rapide de la chaleur s’inscrit dans une dynamique climatique préoccupante. Les deux tiers des vagues de chaleur recensées depuis 1947 se sont produites depuis le début du 21e siècle : la moitié des épisodes a eu lieu avant 2010, sur 60 ans, et l’autre moitié après 2010, en seulement 15 ans.
Météo France rappelle ainsi que ces événements, de plus en plus fréquents avant même le début de l’été calendaire, sont directement liés au changement climatique en cours. Pour suivre l’évolution de la situation heure par heure, la vigilance météorologique et la Météo des forêts publiées par Météo France permettent de rester informé en temps réel.