IPTV illégale : 15 200 sites bloqués en France depuis 2022, 7,7 millions d’internautes toujours concernés
L'Arcom a bloqué près de 15 200 sites IPTV illégaux depuis 2022 en France. Malgré cette offensive, 7,7 millions d'internautes pratiquent encore le piratage.
La lutte contre le streaming pirate et l’IPTV illégale en France enregistre des résultats encourageants, selon le dernier baromètre de l’Arcom publié en 2026. Pourtant, malgré des milliers de sites bloqués, le phénomène reste ancré dans les habitudes de millions d’internautes français. Retour sur une bataille qui s’intensifie.
L’Arcom a orchestré depuis 2022 une vague de blocages sans précédent. Près de 15 200 noms de domaine ont été neutralisés à travers 19 320 dossiers traités. Ces chiffres témoignent d’un engagement soutenu contre les plateformes pirates diffusant du contenu culturel et sportif.
En 2025, la dynamique s’est accélérée. Ainsi, plus de 6 500 blocages ont été opérés cette année-là, soit plus de la moitié du total depuis la création de l’Autorité. Cette progression de 71 % par rapport à l’année précédente reflète une mobilisation renforcée des ayants droit.
Une baisse notable du piratage, mais des millions d’utilisateurs persistent avec l’IPTV
Malgré cette offensive, 7,7 millions d’internautes français ont visionné des compétitions sportives ou des contenus piratés l’an dernier. Cela représente 14 % de la population internaute du pays. Néanmoins, ce chiffre marque un recul significatif de 34 % par rapport à 2021, où 11,7 millions de personnes pratiquaient le piratage.
« Le piratage reste massif et continue de s’adapter rapidement aux mesures de blocage. »
Les sites de streaming et d’IPTV illégaux spécialisés dans les compétitions sportives ont été particulièrement ciblés. Le nombre de blocages dans ce secteur a été multiplié par 8 entre 2022 et 2025. Par conséquent, les diffuseurs officiels ont remporté des victoires judiciaires, notamment des condamnations d’utilisateurs à des amendes allant jusqu’à 400 €.
L’Arcom a également constaté une hausse de 37 % des demandes de blocage visant des sites miroirs l’an dernier. Au total, 1 154 noms de domaine de ce type ont été bloqués. Les plateformes pirates changent régulièrement de nom de domaine pour échapper aux sanctions, créant un jeu du chat et de la souris permanent.
Élargissement du périmètre d’action : DNS, VPN et moteurs de recherche
Depuis 2022, les ayants droit peuvent solliciter le blocage auprès d’un éventail élargi d’intermédiaires techniques. Désormais, les moteurs de recherche sont inclus depuis 2023, les résolveurs DNS depuis 2024, et les VPN depuis 2025. Cette extension vise à rendre les sites pirates moins accessibles.
Les fournisseurs DNS ont reçu plus de 5 200 notifications de noms de domaine, contre plus de 1 800 pour les moteurs de recherche et moins de 600 pour les VPN. L’Arcom salue la collaboration avec Google, mais déplore la réticence de Cloudflare, qui n’exécute que 8 % des demandes de blocage.
- Près de 15 200 noms de domaine bloqués depuis 2022
- Une hausse de 71 % des blocages en 2025
- 7,7 millions d’internautes français toujours adeptes du piratage
- Plus de 5 200 notifications envoyées aux fournisseurs DNS
- Amendes jusqu’à 400 € pour les utilisateurs d’IPTV pirate
La Coupe du monde de foot, un défi majeur à venir contre l’IPTV
À l’approche de la Coupe du monde de football, l’Arcom anticipe une recrudescence des retransmissions illégales. Les grandes compétitions internationales attirent des audiences massives, ce qui en fait des cibles privilégiées pour les services d’IPTV illicites et les sites pirates.
Pour y faire face, le régulateur prévoit de renforcer ses dispositifs de blocage. L’objectif est de neutraliser plus rapidement les flux et les noms de domaine suspects. Une coopération accrue avec les ayants droit et les intermédiaires techniques est également prévue.
L’enjeu dépasse la simple protection des droits de diffusion. Il s’agit aussi de limiter l’exposition du grand public à des services souvent peu fiables, voire frauduleux. Ces plateformes peuvent comporter des risques de sécurité ou de confidentialité pour les utilisateurs.
Des sanctions pénales renforcées en préparation
Les utilisateurs d’IPTV pirate ne sont plus à l’abri. Des amendes de 400 € ont déjà été prononcées contre certains d’entre eux. Par ailleurs, des peines de prison allant jusqu’à trois ans et des amendes de 300 000 € pourraient bientôt s’appliquer aux pirates eux-mêmes.
Ces mesures visent à dissuader les internautes de recourir au piratage. Cependant, la rapidité d’adaptation des réseaux pirates pose un défi constant. Les changements de domaine et l’utilisation de technologies de contournement compliquent la tâche des autorités.
L’Arcom poursuit donc sa stratégie de blocage tout en multipliant les initiatives de sensibilisation. L’objectif est de réduire durablement le nombre d’utilisateurs et de fragiliser l’écosystème financier des plateformes illégales.