Ce climatiseur rejette jusqu’à 15 litres par jour : comment les réutiliser sans risque
Votre climatiseur peut produire jusqu'à 15 litres d'eau par jour. Découvrez comment la réutiliser au jardin et dans la maison sans risque sanitaire.
Chaque été, des litres d’eau s’écoulent discrètement du tuyau de votre climatiseur et finissent à l’égout, sans que personne n’y prête attention. Pourtant, des professionnels de la climatisation rappellent que cette eau représente une ressource concrète, réutilisable au quotidien, à condition de savoir comment s’y prendre.
Jusqu’à 15 litres par jour : ce que produit vraiment votre climatiseur
L’eau qui s’écoule de l’appareil ne sort pas de nulle part. Quand l’air chaud et humide d’une pièce traverse l’évaporateur froid du système, la surface de cet échangeur descend sous le point de rosée. La vapeur d’eau se transforme alors en gouttelettes, exactement comme la buée qui perle sur une bouteille fraîche sortie du réfrigérateur.
Ces gouttelettes tombent dans un bac à condensats, puis partent par un tuyau d’évacuation. Sur un climatiseur mobile, un réservoir ou un simple seau placé sous le tuyau suffit à récupérer cette eau. Sur une installation fixe, le circuit renvoie directement le liquide vers l’extérieur ou l’égout. Selon l’humidité ambiante et la durée de fonctionnement, des études estiment la production entre 8,63 et 15,1 litres par jour et par unité.
Ce volume, multiplié sur une saison de canicule, représente une quantité non négligeable d’eau gaspillée chaque année.
Une eau sans calcaire ni chlore, mais pas sans risque
Sa composition chimique la distingue nettement de l’eau du robinet. Parce qu’elle naît de la condensation de la vapeur d’eau, elle contient très peu de sels minéraux. Le fabricant Mitsubishi Electric la décrit comme une eau distillée de faible minéralisation. Des travaux menés en Palestine et à Oman confirment que ses propriétés chimiques se rapprochent de celles d’une eau distillée.
À Oman, des chercheurs ont observé que, après filtration et deux heures d’ensoleillement à 43 °C, les bactéries de type Coliformes et la bactérie intestinale disparaissaient des échantillons. Une étude publiée en 2019 en Palestine a, de son côté, comparé de nombreux paramètres aux standards locaux pour l’eau potable et d’irrigation. Elle conclut que la réutilisation pour l’irrigation ne présente pas de risques particuliers, à l’exception d’un échantillon trop chargé en manganèse.
Pourtant, cette même étude signale que plusieurs critères d’eau potable n’étaient pas respectés avant désinfection. Car l’eau ruisselle sur les ailettes, passe par le bac et le tuyau, où elle peut se charger de poussières ou de bactéries. Les professionnels sont formels sur ce point : l’eau du climatiseur ne doit jamais être bue ni utilisée pour cuisiner.
Comment l’utiliser concrètement au jardin et dans la maison
L’absence de calcaire et de chlore en fait une alliée intéressante pour certaines plantes. Les hortensias et de nombreuses plantes d’intérieur, qui apprécient les eaux douces et les substrats légèrement acides, s’en accommodent bien. Les succulentes peuvent aussi en bénéficier ponctuellement, à condition de respecter leurs besoins spécifiques en arrosage.
- Arroser les plantes qui préfèrent les eaux douces, comme les hortensias
- Alterner avec l’eau du robinet et apporter régulièrement des engrais, car cette eau n’apporte presque pas de nutriments
- Nettoyer les vitres, miroirs ou parois de douche pour éviter les traces blanches
- Alimenter certains fers à repasser, selon les consignes du fabricant
- Utiliser pour la chasse d’eau des toilettes dans certains logements, en vérifiant la compatibilité
Dans la maison, cette eau sans calcaire laisse moins de dépôts blancs sur les surfaces vitrées ou les parois de douche, surtout associée à un produit ménager classique. Certains fers à repasser peuvent aussi l’accueillir, de même que la chasse d’eau des toilettes dans quelques logements, sous réserve de respecter les consignes des fabricants.
Les précautions à ne pas négliger avant de récupérer cette eau
Avant tout usage, l’état de l’appareil compte autant que la qualité de l’eau elle-même. Un climatiseur encrassé peut contaminer l’eau au passage, via les ailettes ou le bac à condensats. Toute eau manifestement trouble ou malodorante doit être écartée sans hésitation.
De plus, même si des études montrent des résultats encourageants sur le plan chimique, plusieurs critères d’eau potable restaient non conformes avant désinfection dans les travaux palestiniens. Par conséquent, l’usage alimentaire reste exclu, quelle que soit l’apparence de l’eau récupérée. En revanche, pour le jardin ou le ménage, cette ressource jusqu’ici gaspillée mérite clairement d’être récupérée plutôt que de finir au caniveau.