Piratage sportif : la France veut bloquer les sites illicites en quelques minutes pour vous pousser vers les offres légales
En 2026, la France veut bloquer les sites de piratage sportif en quelques minutes. Un manque à gagner de 290 millions d'euros pour les diffuseurs.
En mars 2026, les acteurs de l’audiovisuel sportif français se sont réunis pour accélérer la lutte contre le piratage. Ce fléau représentait 290 millions d’euros de pertes pour les diffuseurs en 2023. Désormais, tous attendent une réponse législative rapide.
Un manque à gagner qui fragilise les clubs à cause du piratage
Le piratage ne touche pas que les chaînes de télévision. Il affecte directement les clubs de football, professionnels comme amateurs. Pour certains, les droits TV constituent 60 % de leur budget.
Douglas Lowenstein, directeur juridique de LFP Media, rappelle aussi l’impact sur la taxe Buffet. En 2025, celle-ci atteignait 28,8 millions d’euros, soit 30 % de moins que l’année précédente. Cette taxe finance pourtant les clubs amateurs.
« Pour certains clubs, les droits TV représentent 60 % de leur budget. »
Des profils de pirates très variés
Selon la Ligue de football professionnelle, 59 % des fans de football consomment de façon illicite. Ils utilisent le streaming ou des systèmes IPTV installés sur leurs téléviseurs.
L’office anti-cybercriminalité (OFAC) a mené une opération la semaine dernière. Elle visait des profils divers : un adolescent de 14 ans, un escroc en Corse, ainsi que des réseaux plus structurés.
- 29 % des consommateurs de sports avouent recourir au piratage
- 250 000 liens pirates détectés lors des JO de Paris 2024
- Les JO 2024 ont été regardés 3,3 fois plus sur des sites illicites que Tokyo
- La Liga bloque jusqu’à 30 000 adresses IP par jour
- L’Espagne investit 12 millions d’euros par an dans cette lutte
L’automatisation du blocage, une priorité
Actuellement, les ayants droit signalent les sites illicites à l’Arcom. Cependant, la procédure de vérification dure généralement une semaine. Ce délai permet aux pirates de s’adapter.
Xavier Spender, délégué général de l’APPS, prône l’automatisation du blocage des adresses IP en quelques minutes. Selon lui, cette mesure permettrait à la France de retrouver une place en « 1re division de la lutte anti-piratage ».
L’objectif est clair : bloquer l’utilisateur 2 à 3 fois pendant un match pour le frustrer. Ce système sera testé pendant Roland-Garros, puis opérationnel pour la Coupe du monde.
Une loi toujours en attente
La loi pour la réforme du football professionnel prévoit cette automatisation. Pourtant, son examen n’est toujours pas au calendrier de l’Assemblée nationale. Le Sénat l’a adoptée à l’été 2025.
Caroline Guenneteau, secrétaire générale de beIN Media Group, assure que « tout le monde est prêt ». Un accord avec les fournisseurs d’accès à internet existe depuis 2023. La ministre des Sports Marina Ferrari se dit « confiante » pour un examen avant juin.
L’Espagne montre la voie
Javier Tebas, président de la Liga, a présenté le modèle espagnol lors de cette réunion. La clé : bloquer une adresse IP en trois minutes après identification d’un lien illicite.
La Liga peut ainsi neutraliser 30 000 IP par jour, dont 9 000 IPTV. Pour y parvenir, le championnat espagnol investit 12 millions d’euros par an dans la lutte contre le piratage.
Des décisions de justice ont donné les coudées franches à la Liga. Elle a aussi mis la pression sur des acteurs comme Cloudflare, dont le patron a été appelé à comparaître devant la justice espagnole.
Si vous avez un service illégal d’IPTV, vous risquez désormais gros. Il va falloir prendre rapidement un abonnement légal pour continuer à regarder votre club de football préféré.