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Carburant limité à 50 litres par jour en dans ce pays d’Europe : les restrictions arrivent après la fermeture du détroit d’Ormuz

Carburant limité à 50 litres par jour en dans ce pays d'Europe : les restrictions arrivent après la fermeture du détroit d'Ormuz

Ce pays rationne les carburants et l'Espagne divise sa TVA par deux. Plusieurs pays européens réagissent à la flambée des prix en 2026.

La guerre en Iran produit ses premiers effets concrets sur le marché des carburants en Europe. Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz, les prix à la pompe flambent et certains pays prennent déjà des mesures radicales. Pour les automobilistes, la situation devient très concrète.

La Slovénie limite les achats de carburants à 50 litres par jour

L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz depuis plusieurs jours. Cette décision a des impacts colossaux, car 20 % du pétrole mondial transite par cette petite zone. On pouvait donc s’attendre à ce que l’Europe soit touchée de plein fouet.

C’est désormais le cas en Slovénie. Le gouvernement y a pris des mesures d’urgence ce dimanche 22 mars 2026. Ainsi, les achats de carburant sont officiellement limités à 50 litres par jour pour les particuliers et 200 litres pour les entreprises et les usagers prioritaires comme les agriculteurs.

Cette décision a été annoncée en urgence par le Premier ministre Robert Golob. Ce dernier a tenu à rassurer la population en affirmant que les stocks restaient suffisants.

« Les entrepôts sont pleins, il n’y aura pas de pénurie. »

La peur de la pénurie crée la pénurie

En réalité, la rupture logistique est aggravée par deux facteurs bien précis. D’une part, le stockage massif de la part des particuliers. D’autre part, les pleins transfrontaliers de conducteurs étrangers venus profiter de prix encore compétitifs.

Ce mécanisme est bien connu des économistes : la panique d’approvisionnement. Même lorsque les stocks sont suffisants, la seule crainte d’une pénurie suffit à en créer une. En parallèle, le baril de Brent est passé de 73 à 112 dollars en moins d’un mois, soit une hausse de plus de 50 %.

  • L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial.
  • Le baril de Brent a bondi de 73 à 112 dollars en moins d’un mois.
  • La Slovénie a instauré un rationnement à 50 litres par jour pour les particuliers.
  • Le stockage massif et les pleins transfrontaliers aggravent la rupture logistique.
  • La hausse des prix à la pompe dépasse déjà 50 % sur le brut de référence.

L’Espagne divise par deux la TVA sur les carburants

Face à cette crise, l’Espagne adopte une approche très différente. Plutôt que de rationner, Madrid a choisi d’amortir le choc par une intervention fiscale massive. Depuis ce même dimanche 22 mars, la TVA sur les carburants a été divisée par deux, passant de 21 % à 10 %.

Cette mesure fait partie d’un plan d’urgence en 80 points présenté vendredi par le Premier ministre Pedro Sánchez. Ce plan vise à limiter les effets économiques immédiats du conflit en Iran. De ce fait, certains automobilistes ont économisé jusqu’à 8 euros sur un plein.

La réduction moyenne est estimée à 20 centimes par litre par le ministère des Transports. Des files d’attente se sont rapidement formées dès l’ouverture des stations, rapporte L’Indépendent. En complément, la taxe spéciale sur les hydrocarbures a aussi été allégée : 11 centimes de moins par litre d’essence et 5 centimes pour le diesel.

Par ailleurs, la fiscalité sur d’autres sources d’énergie a été revue à la baisse. Le gaz naturel et les granulés sont concernés par ces ajustements.

La Suède envisage une baisse des taxes dès mai

De son côté, la Suède réfléchit à abaisser les taxes sur l’essence à partir du mois de mai. Si le Parlement donne son feu vert, le prix d’un litre d’essence baisserait de 9 centimes. Pour le diesel, la baisse serait de 4 centimes par litre.

Le Premier ministre Ulf Kristersson a pris la parole lors d’une conférence de presse à ce sujet. Il a déclaré : « Tous les partis doivent reconnaître que ce qui se passe au Moyen-Orient et dans le reste du monde met l’économie suédoise à rude épreuve. » Cette prise de position traduit une prise de conscience partagée au sein de la classe politique suédoise.

Des mesures qui restent fragiles face à la flambée du pétrole

Malgré ces efforts, il faut garder à l’esprit que ces mesures ne peuvent pas être une solution sur le long terme. Les prix finaux des carburants restent en effet étroitement liés à l’évolution du cours du brut. Or, tant que le détroit d’Ormuz demeure fermé, la pression sur les marchés ne faiblira pas.

De plus, l’ensemble de l’industrie pétrochimique est affecté par cette fermeture. Les conséquences dépassent donc largement le périmètre des stations-service. De très nombreux biens de consommation risquent d’augmenter dans les mois à venir.

La situation en Iran pourrait d’ailleurs vite s’envenimer davantage. Dans ce contexte, chaque pays européen cherche sa propre réponse, entre rationnement et baisses fiscales. Pour les automobilistes comme pour les entreprises, l’incertitude reste le mot qui résume le mieux cette période.

Ce qui se joue aujourd’hui autour des carburants en Europe n’est donc que le début d’une crise plus large. Les prochaines semaines seront décisives pour mesurer l’ampleur réelle des répercussions économiques du conflit au Moyen-Orient.

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