Canal+ fait bloquer 31 sites IPTV pirates via ProtonVPN : les VPN ne protègent plus les utilisateurs en 2026
Canal+ obtient le blocage de 31 sites IPTV pirates via ProtonVPN. En 2026, même un VPN ne suffit plus pour échapper à la justice française.
Imaginez : vous pensiez naviguer en toute discrétion grâce à un VPN, tout en accédant à des flux IPTV pirates. En 2026, cette illusion vole en éclats. Canal+ vient d’obtenir une décision inédite qui force le blocage de dizaines de sites directement via les serveurs de ProtonVPN.
Canal+ franchit un cap historique contre le piratage
Le groupe Canal+ mène depuis des années une guerre sans relâche contre le streaming illégal. Pourtant, cette fois, la chaîne cryptée a changé de stratégie. Elle ne se contente plus de cibler les fournisseurs d’accès classiques.
En effet, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné à ProtonVPN de bloquer l’accès à 31 sites pirates. C’est la première fois qu’un fournisseur de VPN est directement contraint par la justice française de filtrer des adresses. Cette décision marque un tournant majeur dans la lutte contre la diffusion illicite de contenus sportifs et audiovisuels.
Pour les abonnés à ces services VPN, le choc est réel. Beaucoup croyaient que le recours à un réseau privé virtuel les plaçait hors de portée des ayants droit. Désormais, cette certitude n’existe plus.
« Le recours aux VPN ne garantit plus l’anonymat face aux décisions de justice visant les plateformes de streaming pirate. »
Pourquoi les VPN ne suffisent plus à masquer l’accès aux flux pirates
Un VPN chiffre votre connexion et masque votre adresse IP. Par conséquent, il était jusqu’ici presque impossible pour un ayant droit de savoir ce que vous regardiez. Mais la logique juridique a évolué rapidement.
Plutôt que de traquer chaque utilisateur, Canal+ a visé l’infrastructure elle-même. En demandant à ProtonVPN de rendre inaccessibles les domaines ciblés depuis ses propres serveurs DNS, la chaîne contourne le problème de l’anonymat individuel. Ainsi, même connecté via un tunnel chiffré, l’utilisateur tombe sur une page bloquée lorsqu’il tente d’accéder à l’un des 31 sites concernés.
Cette approche est inédite en Europe. Elle pourrait inspirer d’autres ayants droit sur le continent, voire au-delà. De plus, Proton AG, basée en Suisse, a dû se conformer malgré sa juridiction étrangère, car ses serveurs opèrent aussi sur le sol français.
Quels sites sont concernés et quels risques pour les utilisateurs d’IPTV pirate ?
La liste des 31 sites bloqués n’a pas été rendue publique dans son intégralité. Cependant, il s’agit principalement de plateformes proposant des abonnements IPTV illégaux à bas prix. Ces services diffusent sans autorisation des chaînes de télévision payantes, des événements sportifs en direct et des catalogues de films.
- 31 sites pirates désormais bloqués via les serveurs de ProtonVPN
- Première décision judiciaire française imposant un filtrage à un fournisseur VPN
- Les utilisateurs de ces services s’exposent à des poursuites pénales pouvant aller jusqu’à 3 ans de prison et 300 000 € d’amende
- Le blocage concerne les serveurs DNS, pas le tunnel chifré lui-même
- D’autres fournisseurs de VPN pourraient être visés prochainement par des injonctions similaires
Les utilisateurs finaux ne sont pas oubliés par la loi. En France, consommer sciemment un flux pirate constitue un délit de contrefaçon. Par conséquent, au-delà du blocage technique, chaque spectateur prend un risque juridique réel en recourant à ces plateformes.
Canal+ a par ailleurs renforcé ses dispositifs de détection. Grâce à des outils d’empreinte numérique, le groupe peut identifier des flux retransmis sans licence en quelques minutes. Cette réactivité complique encore la tâche des revendeurs IPTV clandestins.
ProtonVPN contraint de coopérer : un précédent qui inquiète les défenseurs de la vie privée
Proton AG a bâti sa réputation sur la protection de la vie privée. L’entreprise suisse a longtemps résisté aux demandes de gouvernements et d’entreprises. Pourtant, face à une injonction du tribunal de Paris assortie d’astreintes financières, elle a dû appliquer le blocage DNS demandé.
Ce précédent soulève des questions légitimes. Certains défenseurs des libertés numériques craignent un effet domino. Si un tribunal peut forcer un VPN à filtrer des sites, d’autres demandes pourraient suivre, parfois pour des motifs moins consensuels que la lutte contre le piratage.
En revanche, les partisans de la propriété intellectuelle saluent cette avancée. Ils estiment que les VPN servaient trop souvent de paravent commode pour accéder à des contenus volés. Selon eux, cette décision rétablit un certain équilibre entre droit d’auteur et liberté technique.
Ce que cela change concrètement pour les abonnés IPTV en 2026
Pour les millions de foyers qui utilisaient un VPN afin d’accéder à des flux pirates, la donne change radicalement. Les sites bloqués ne s’ouvrent plus, même derrière un tunnel chiffré connecté à un serveur français de ProtonVPN. L’expérience utilisateur se heurte désormais à un mur technique.
Certains tenteront sans doute de contourner ce blocage en changeant de serveur ou de fournisseur VPN. Canal+ a cependant déjà annoncé vouloir étendre ses démarches à d’autres opérateurs. Ainsi, chaque parade technique pourrait n’offrir qu’un répit temporaire.
D’un point de vue économique, le groupe espère que ces mesures ramèneront une partie du public vers ses offres légales. Les prix des abonnements légaux ont d’ailleurs baissé ces derniers mois, rendant l’argument financier du piratage moins percutant. De plus, les bouquets légaux proposent désormais une qualité 4K stable, loin des coupures fréquentes des serveurs clandestins.
La question reste ouverte : cette stratégie suffira-t-elle à endiguer le phénomène IPTV pirate à grande échelle ? Une chose est sûre, l’étau se resserre. Chaque nouvelle décision judiciaire réduit l’espace dans lequel ces services illicites peuvent opérer, et les utilisateurs feraient bien d’en prendre la mesure avant qu’il ne soit trop tard.