Station Leclerc : de l’eau dans le carburant, six automobilistes réclament jusqu’à 10 000 euros d’indemnités
Six automobilistes réclament jusqu'à 10 000 euros après avoir trouvé de l'eau dans leur gazole dans cette station Leclerc !
À Louhans, en Saône-et-Loire, au moins six automobilistes affirment avoir retrouvé de l’eau dans leur gazole après un plein à la station-service Leclerc. Entre pannes soudaines, factures de plusieurs milliers d’euros et expertises qui traînent, la colère monte chez ces conducteurs bressans.
Les montants de réparation vont de 600 à près de 10 000 euros, selon les véhicules concernés. Pourtant, à ce jour, aucune indemnité n’a encore été versée par l’enseigne. Chacun avance donc l’argent de sa poche, sans certitude sur un remboursement futur.
Au moins six véhicules en panne après un plein chez Leclerc
Selon les garages de la région, au moins six voitures ont été touchées. Deux se trouvent au Centre Auto Louhans, deux au garage JAD, une au garage SVA Lacroix et une au garage Jean Lain à Annecy. À chaque fois, le scénario est le même : un plein à la station-service Leclerc de Louhans, puis une panne dans les jours qui suivent, avec de l’eau dans le réservoir au moment du démontage.
David Renaud, habitant de Branges et dirigeant de l’entreprise de déménagement Dj Box, est tombé en panne le mardi 24 février en partant au travail. Son plein avait été fait le dimanche précédent. Ainsi, en quelques jours à peine, son utilitaire s’est arrêté en plein milieu de la route, tous les voyants moteur allumés.
« Le véhicule a commencé à avoir un manque de puissance puis il s’est arrêté en plein milieu de la route, avec tous les voyants moteurs allumés. Au moment d’arriver au garage, on m’a certifié qu’il y avait de l’eau dans le réservoir. »
Des factures qui donnent le tournis pour les automobilistes
Pour David Renaud, la facture approche les 6 000 euros, car la pompe à injection et les injecteurs sont touchés. Son utilitaire, pourtant indispensable à son activité, reste immobilisé pendant cinq à six semaines. En attendant, il paie un véhicule de prêt à ses frais.
De son côté, Gaétan Massano fait face à une addition encore plus lourde : près de 10 000 euros sur son Audi quasi neuve. Il avait fait le plein pour monter à Annecy le week-end du 31 janvier. Par la suite, sa voiture a montré des symptômes bizarres avant de s’arrêter le lendemain. Ce n’est qu’au bout de trois semaines de contrôle que la présence d’eau dans le réservoir a été confirmée.
- 6 véhicules concernés, répartis entre quatre garages
- Des factures allant de 600 à près de 10 000 euros
- Des véhicules immobilisés pendant plusieurs semaines
- Des tickets de caisse prouvant le passage à la station Leclerc de Louhans
- Des expertises et contre-expertises toujours en cours
D’autres victimes dans la région de Louhans
D’autres habitants de la Bresse racontent avoir subi la même mésaventure. Une retraitée de Branges, qui souhaite garder l’anonymat, serait tombée en panne après un plein effectué le vendredi 20 février. Sa facture atteint environ 3 500 euros de réparations.
La moins malchanceuse se nomme Marie-Ange Ravassard, de Montagny-près-Louhans. Elle a fait le plein le matin et, dès l’après-midi, son Renault Scenic s’est arrêté au bout de l’impasse en sortant de sa cour. Elle pense que l’eau n’a pas eu le temps de s’immiscer dans les injecteurs, ce qui limite sa facture à 600 euros.
Tous ces automobilistes partagent désormais la même attente : que les expertises tranchent enfin. Pour certains, il ne s’agit pas seulement du coût des réparations, mais aussi de l’immobilisation prolongée de leur véhicule.
La position du directeur du centre Leclerc de Louhans
Face à ces plaintes, Jérôme Echeverria, directeur du centre Leclerc de Louhans, indique que des expertises et contre-expertises sont en cours. Ces procédures durent plusieurs mois. Il précise, auprès d’Hebdo 39, que les deux rapports déjà revenus mettaient en cause un mauvais entretien des voitures concernées.
Le directeur trouve aussi le nombre limité de dossiers « étonnant ». Il rappelle qu’en 2017, quand un transporteur s’était trompé en mettant du gazole dans les cuves de sans-plomb 95, des centaines de voitures étaient en panne sur le parking en 30 minutes. En revanche, cette fois, seuls six cas ont été signalés.
Un bras de fer sur les responsabilités et les indemnités
Derrière ces pannes en série se joue désormais une vraie bataille de responsabilités. Jérôme Echeverria souligne que « entre la clé et le carburant, il y a d’innombrables paramètres qui entrent en compte ». Il assure néanmoins que si les torts de l’enseigne sont reconnus par les expertises, les personnes concernées seront indemnisées.
Pour autant, les conducteurs continuent de payer : réparations, locations de véhicules de remplacement et tracas du quotidien. Aucun calendrier précis n’a été communiqué pour la fin des expertises. Cette incertitude pèse lourd, en particulier pour ceux dont le véhicule est un outil de travail.
Chaque automobiliste conserve ses tickets de caisse comme preuve de son passage à la station de Louhans. Dans l’attente des conclusions, le doute persiste sur l’origine exacte de la contamination. Les garages, eux, continuent de constater le même diagnostic : de l’eau dans le carburant distribué par la pompe Leclerc.
Pour ces six familles bressanes, la frustration grandit de semaine en semaine. Elles espèrent que les rapports d’expertise, attendus dans les prochains mois, permettront enfin de trancher cette affaire et d’obtenir le remboursement de leurs frais.