Inabeathead : Shellshocked
Dites-moi, êtes vous sensible à lâ??influence de la pleine lune, au loup-garou (Oniriccada)? Personnellement, je peux vous dire que je suis sensible aux prouesses de « ShellShocked », le premier opus du talentueux Olivier Girard aka, le jeune prodige qui se cache derrière Inabeathead. Dès les premières notes de son album, vous serez violemment propulsés dans un bon son dub, samplé avec une précision décoiffante. Câ??est à ce moment précis que sâ??opère lâ??improbable : alors que vous pensiez rester dans le dub, Inabeathead vous amène dans son exploration cinématique et rythmique. Vous perdez alors tous vos repères et surfez, allègrement, dans son patchwork musical. Vous vous balladez entre dub, trip hop à la Bristol, acid breakbeat et bien sûrâ?¦ un hip hop digne dâ??un Dj Shadow.
Dans tous ses collages, des répliques clin dâ??oeil, volées par ci, par là , viennent sâ??incorporer, in crescendo, à une rythmique torturée mais brillamment goupillée.
Vous vaquez ainsi de surprise en surprise, chaud-froid, mélancolique-robotique : du clavier au violoncelle, en passant par des riffs de guitare sèche, façon gipsy (Summerstorm), pour arriver, par le biais de deux ambiances radicalement opposées, à interroger toute la machine de guerre de Bush (War is Machism) et vous convaincre que « les humains, tuent tout ce quâ??ils touchent » (Humans Kill everything they touch).
La puissance sonore de ce franco-américain prend alors toute sa forme et sâ??envole vers des paradis où lâ??onirique, le réalisme et lâ??éclectisme ne font plus quâ??un : une sorte de Graf (le garçon aime les grafs aussi, jâ??en ai pour preuve son siteâ?¦) géant, où toutes les « expériences » sont autorisées et bien manoeuvrées. Renversant.
Valérie D.