Baguettes de supermarché en France: 60 Millions de consommateurs classe les pires
Selon 60 Millions, en France, plusieurs baguettes dépassent 1,5 g de sel. Adoptez les bons critères tradition, liste courte, fabriqué sur place.
Ce que pointe l’enquête sur les “pires” baguettes
Le magazine 60 Millions de consommateurs a passé au crible des baguettes de supermarché, en s’intéressant à la qualité de la mie, à la croûte, au goût, et à la composition. Les baguettes jugées “pires” cumulent plusieurs défauts : trop de sel, mie compacte, arômes faibles, et utilisation d’additifs technologiques. Beaucoup proviennent de pâtes surgelées, cuites sur place, avec des fermentations courtes. Le résultat est souvent un pain moins digeste, qui rassit plus vite.
Premier signal d’alerte : la teneur en sel. Au-delà de 1,5 g/100 g, on s’éloigne des bonnes pratiques nutritionnelles recommandées par les autorités de santé. Les baguettes épinglées montrent aussi des listes d’ingrédients allongées pour un produit qui, en théorie, se limite à farine, eau, sel, levure ou levain. Quand la structure de mie est serrée et humide, c’est souvent le signe d’une pousse précipitée et d’un façonnage industriel.
Décret pain et étiquetage: ce que dit la loi
Le Décret pain de 1993 encadre la “baguette de tradition française” : pas d’additif, pas de surgélation, fabrication sur place. Certaines enseignes de la grande distribution proposent des “traditions” conformes, d’autres vendent surtout des baguettes issues de pâtes précuites. La nuance se joue à l’étiquetage : “cuit sur place” ne veut pas dire “fabriqué sur place”. Pour vous, l’impact est direct sur la saveur, la conservation et la digestibilité.
Côté contrôles, la DGCCRF veille au respect des mentions, mais les pratiques varient selon les magasins et les heures. Un point clé du test : l’authenticité du processus de panification. Fermentation lente et levain naturel donnent souvent un meilleur profil sensoriel. À l’inverse, l’accélération du process se repère à la mie blanche uniforme et à une croûte qui manque de chant.
“Pour un pain de qualité, moins c’est mieux : peu d’ingrédients, du temps, et une vraie cuisson. Ce sont les marqueurs qui séparent la bonne baguette de la baguette décevante.”
Additifs, sel et texture: les indicateurs qui font chuter la note
Plusieurs baguettes testées pêchent par la présence d’améliorants (ex. E300 acide ascorbique, E471 mono- et diglycérides). Ces adjuvants facilitent la mise en œuvre industrielle, mais n’apportent rien au goût. Le panel de 60 Millions épingle aussi des arômes artificiels et des enzymes “technologiques” non listées comme additifs. Pour le consommateur, ce sont des signaux d’une standardisation au détriment du goût.
Le sel reste un facteur déterminant de classement. Les “pires” baguettes dépassent fréquemment les seuils recommandés, avec une pointe iodée marquée en bouche. La mie est parfois humide et se tasse au couteau, preuve d’une hydratation mal maîtrisée ou d’une pousse trop courte. Résultat : une sensation de satiété moindre et un rassissement rapide.
- Privilégiez la mention “baguette de tradition française” : pas d’additif, pas de surgélation.
- Visez un sel ≤ 1,5 g/100 g sur l’étiquette nutritionnelle.
- Observez la croûte : fine, bien colorée, qui chante en refroidissant.
- Regardez la mie : alvéoles irrégulières, parfum de céréales, élasticité légère.
Le test rappelle aussi le rôle du type de farine. Les farines T65 ou un mélange avec levain offrent souvent plus d’arômes qu’une T55 standard très blanche. La cuisson doit être franche mais sans brûlure, avec une caramélisation nette des sucres. Une croûte trop pâle ou caoutchouteuse signale souvent une précuisson surgelée et un passage trop court au four.
Conseils d’achat en rayon pour éviter les déceptions
Demandez l’heure de cuisson : une baguette récente “chante” et libère un parfum de noisette. Comparez les ingrédients : plus la liste est courte, mieux c’est. Cherchez la mention du lieu de fabrication : “fabriqué sur place” > “cuit sur place”. Si possible, goûtez la tradition de l’enseigne un jour, la baguette standard un autre, et faites votre choix.
Pour les foyers sensibles au sel, regardez la table nutritionnelle au rayon boulangerie emballée ou demandez les infos au personnel en stand. Un étiquetage clair est un bon signe de sérieux. Certaines enseignes publient les valeurs moyennes de sel et d’additifs par gamme : c’est un plus pour décider en confiance.
Pourquoi certaines baguettes déçoivent… et comment les reconnaître
La logistique des grandes surfaces impose des volumes et des cadences. Pour tenir, beaucoup d’ateliers en magasin utilisent des pâtes surgelées et des levées rapides. Le goût s’uniformise, la mie perd en complexité aromatique. Les baguettes pointées comme “pires” cumulent ces caractéristiques visibles à l’œil et au couteau.
Inversement, des corners boulangerie de GMS ont hissé leur niveau. On y voit des pétrissages sur place, des fermentations longues, et des farines mieux sourcées. Les fiches produit mettent en avant levain et blés français, parfois des filières CRC ou HVE. Les panels consommateurs confirment un gain net en croûte, en parfum, et en tenue.
Dernier repère simple : le prix. Une baguette ultra-premier prix peut cacher une recette dopée aux améliorants et une fermentation écourtée. À l’inverse, un tarif un peu plus élevé n’est pas une garantie absolue, mais il va souvent de pair avec plus de temps et de soin. Comparez au goût, pas seulement à l’étiquette.
Les pires baguettes sont celles de Carrefour et Auchan, toutes deux notées 7/20 par 60 Millions de consommateurs.
Elles ferment le classement, loin derrière Casino (16,5/20) et Intermarché (16/20) cités comme mieux notés.