AAH : si vos revenus dépassent ce seuil, vous n’y aurez plus droit, confirme le gouvernement

AAH : si vos revenus dépassent ce seuil, vous n’y aurez plus droit, confirme le gouvernement

AAH 2024 : le gouvernement confirme un plafond de ressources. Êtes-vous concerné ? Calcul, abattements, démarches.

Le gouvernement confirme un plafond de ressources au-delà duquel l’allocation aux adultes handicapés (AAH) n’est plus attribuée. La règle vise à cibler l’aide sur les personnes dont les revenus restent modestes, avec un calcul qui évolue chaque année. Qui est concerné, et comment ne pas perdre ses droits face à ce seuil strict ?

AAH : ce que confirme le gouvernement sur le plafond

L’AAH reste une prestation sous conditions. Au-delà d’un certain niveau de ressources, l’ouverture de droit est refusée ou s’arrête. Depuis la déconjugalisation entrée en vigueur, le plafond se base sur les ressources personnelles du demandeur.

Le montant maximum de l’AAH s’élève à 971,37 € par mois (montant 2024 après revalorisation). Le plafond de ressources correspond à 12 fois ce montant, soit 11 656,44 € par an pour une personne seule. Au-delà de cette somme, l’AAH n’est plus accessible à l’ouverture ou peut cesser si les revenus dépassent durablement.

« Quand on nous dit “vous dépassez le plafond”, c’est tout un équilibre qui se brise : l’AAH, c’est notre marge de sécurité pour le loyer, les soins, la vie sociale. »

Comment se calcule le plafond AAH en 2024 ?

La CAF prend en compte les ressources imposables : salaires, revenus non-salariés, pensions, allocations chômage. On ne compte pas certaines aides comme l’APL ou la prime d’activité. La revalorisation d’avril ajuste le montant de l’AAH, donc le plafond évolue chaque année.

En cas de reprise d’emploi, des abattements sur les revenus d’activité s’appliquent. Les salaires subissent un abattement important les premiers mois de reprise : 80 % pendant 6 mois, puis un abattement partiel ensuite selon le niveau de revenus. Ce mécanisme protège l’AAH lors d’un retour au travail.

L’AAH peut être versée de façon différentielle pour compléter des revenus sous le plafond. En ESAT, des règles spécifiques de cumul existent avec l’AAH. La majoration pour la vie autonome (environ 104,77 € par mois) s’ajoute si vous vivez dans un logement indépendant et percevez déjà une AAH à taux plein ou quasi plein.

Cas concrets : travail, couple, logement et risques de pertes de droits

Exemple simple : vous êtes seul, avec 1 000 € de salaire mensuel. Les 6 premiers mois, seuls 20 % de ce salaire entrent dans le calcul, ce qui maintient souvent un droit partiel à l’AAH. Au-delà, selon l’évolution de vos revenus sur l’année, le cumul peut se réduire jusqu’à ne plus ouvrir droit si l’on dépasse 11 656,44 € par an.

« J’ai repris un mi-temps : l’abattement m’a aidée à garder l’AAH au début, mais j’ai dû ajuster mes heures pour ne pas franchir le plafond annuel. »

Côté couple, la déconjugalisation change la donne : pour les nouveaux droits, les revenus du partenaire ne bloquent plus l’AAH. Les personnes déjà allocataires peuvent demander le calcul le plus favorable. La CAF compare et applique la solution qui protège le mieux vos droits.

Vous êtes étudiant, alternant ou stagiaire ? Les gratifications et salaires peuvent entrer dans le calcul si elles sont imposables. Le régime d’abattement reste utile pour un contrat d’apprentissage ou un CDD à temps partiel. Là encore, on surveille le total annuel pour ne pas dépasser le plafond.

Avec une pension d’invalidité ou une retraite, l’AAH joue un rôle de complément si le total reste en dessous du montant maximum. Si la pension dépasse 971,37 € par mois, l’AAH s’éteint, car le plafond annuel est franchi. En cas de petite pension, une AAH différentielle peut compléter jusqu’au montant maximum.

Démarches AAH : étapes, délais, solutions si ça coince

L’éligibilité repose sur un taux d’incapacité de 80 % ou de 50–79 % avec restriction durable d’accès à l’emploi. La CDAPH de la MDPH évalue le droit sur critères médicaux et sociaux. Il faut résider en France et avoir au moins 20 ans (16 ans sous conditions).

Le parcours type : dépôt du dossier MDPH, décision CDAPH, puis calcul par la CAF en fonction des ressources. Les délais peuvent aller de quelques semaines à plusieurs mois selon les départements. En cas d’accord, le versement démarre au premier jour du mois suivant la demande recevable.

Refus ou fin de droit ? Vous pouvez demander une révision, déposer un recours gracieux ou un recours contentieux dans les délais légaux. Un travailleur social, une association de personnes handicapées ou un juriste peuvent vous aider. Gardez toutes les pièces : décisions CDAPH, attestations CAF, justificatifs de revenus.

Conseils pratiques pour sécuriser son AAH et anticiper

Faites une simulation et suivez vos revenus mois par mois pour estimer le cumul AAH + activité. Signalez rapidement à la CAF toute reprise d’emploi, hausse de salaire ou changement familial. Ce réflexe limite les trop-perçus et les suspensions.

Conservez bulletins de paie, avis d’imposition, attestations de la CAF et relevés MDPH. Si vous reprenez un travail, informez-vous sur les abattements et la durée de maintien de l’AAH. Demandez un rendez-vous conseil pour calibrer vos heures sans dépasser le plafond de ressources.

Vérifiez vos droits connexes : majoration pour la vie autonome, aides au logement, transport, complément de ressources en emploi protégé. Un ajustement de logement peut débloquer un soutien ciblé. En cas de coup dur, sollicitez une aide exceptionnelle auprès des services sociaux.

Évitez quatre écueils fréquents : ignorer la déconjugalisation, ne pas signaler une reprise d’activité, oublier les abattements, et rater la revalorisation d’avril qui modifie le plafond. Un suivi régulier de votre dossier CAF réduit les risques. L’objectif : garder votre AAH quand elle est due, sans interruption ni trop-perçu.