Alex Neri

Artiste multifacette, responsable de la création du groupe Planet Funk & créateur du label Tenax, Alex Neri sera de passage au Red Light vendredi pour les 3 ans de Strictly House.

Lemonsound : Tu seras au Red Light en Juin, et ta dernière visite en France remonte à douze mois. Que nous as-tu préparé pour ton retour ?
Alex Neri: "En fait, je n’aime pas préparer mes sets… Je préfère débarquer et jouer à l’oreille…Dans tous les sens du terme !!! Bien sûr, je suis toujours très excité à l’idée de venir et de jouer parce que j’apprécie particulièrement la foule là-bas…"

Ta dernière visite à Paris était au Red Light, que penses-tu du club et du public ?
"C’était génial, j’ai adoré !"

Quand tu avais 9 ans, tu jouais du piano et tu as aussi suivi une formation classique. Est ce que ta manière de mixer en a été influencée ? Ta vision de la house en est-elle plus technique ou plus artistique ?
"J’ai eu la chance de grandir avec des bases classiques, grâce au conservatoire et au piano, et ça m’a permis d’avoir une perception plus ouverte et plus réceptive de la musique...Et ça te permet aussi d’être plus réceptif dans tous les domaines artistiques…"

Tu as commencé ta carrière de DJ dans le club de ton père, à l’âge de 13 ans. Ça fait quoi d’avoir un père DJ ? En général, la génération précédente avait une très mauvaise image de la house, qu’en pensait ton père ?
"Je suis un précurseur dans la famille…Le métier de DJ est plutôt jeune !!! Mais j’en suis très fier, mon père a une culture plus funk-disco-soul, et mes premiers pas dans la musique ont été guidé par cette influence, ce sont les sons et les rythmes que j’apprécie le plus."

Vous aviez quoi en tête tes amis et toi quand vous avez créé Planet Funk ? C’était pour le fun ou pour la musique ?
"Tout a été une question d’alchimie...Je produis depuis plusieurs années avec mon partenaire Marco Baroni…En 1999 on était au WMC à Miami, et l’on y a rencontré GG Canu et Sergio Della Monica, les autres membres de Planet Funk. On s’est tout de suite sentis connecté et on a donc décidé de donner vie à un projet qui me trottait dans la tête depuis un moment…Celle d’un groupe d’amis, qui échangeraient leurs énergies, leurs vibrations en créant de la musique…De cette idée est né Planet Funk…"

J’ai remarqué que tu travaillais souvent avec des artistes de différents milieux, différentes cultures…Ton principal but à l’air de faire une musique qui ait une grande ouverture d’esprit…
"J’ai vraiment l’impression que nous vivons dans un temps très limité et structuré, où chacun se doit de vivre et bouger dans des limites et des frontières bien définies… C’est une atteinte à la liberté, et à notre éternel besoin d’être libre…La musique est un terrain où, si le cœur y est, chaque personne peut se mouvoir librement, et se laisser guider par son instinct… Pourquoi ne pas tenter sa chance ?"

J’ai lu dans un article que tu avais passé deux ans à faire ton service militaire. Tu t’es senti différent après ça ? Y as-tu appris quelque chose ou c’était juste un truc que tu devais faire ?
"À l’époque où je l’ai fait, j’étais trop jeune pour en comprendre la signification… Après plusieurs années, je peux dire que ça valait le coup, ça te fait grandir plus vite… A ce moment-là, j’étais surtout en colère, parce que j’avais dû arrêter ma carrière, juste au moment où je jouais dans de plus grands clubs !!!"

Quand on connaît ta carrière, on remarque que tu as souvent joué dans des festivals et des concerts. Tu préfères jouer en live, c’est un choix ?
"C’est pas une préférence, c’est un mélange de toutes ces choses… J’aime jouer devant des milliers de personnes… Mais j’aime aussi être face à moi-même et mes émotions dans un petit club, regarder dans les yeux de la piste de danse… c’est plus difficile, mais plus satisfaisant, plus authentique…"

La house a une image très sexy, glamour, et pour cette raison, de nombreux DJ veulent devenir riches et célèbres… T’es-tu jamais senti de cette manière avec ton succès ?
"C’est une facette de mon travail à laquelle je ne pense jamais... En fait, j’ai toujours mixé et joué dans des clubs… Je ne me vois pas comme un reflet glamour et fashion de la house… Je passe des disques, j’aime la house, mais j’aime toutes les musiques… C’est comme un peintre qui utiliserait différentes couleurs, mais moi j’utilise plus la couleur verte par exemple, et les gens apprécient beaucoup cette couleur… Mais ça ne veut pas dire que c’est la seule couleur de ma palette…Ou que je n’utiliserais que celle-là…"

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
"L’été approche... Je vais d’abord essayer de me reposer pendant une semaine avec ma famille...Ensuite j’enchaînerai avec Ibiza…Je vais aussi jouer avec Planet Funk en live, dans quelques concerts travers l’Italie. "

Interview réalisée par Arno P. en Mai 2005. Merci à Alex Neri de nous avoir accordé un peu de son temps ainsi qu’à Cédric L. (Suddenly) ainsi qu’à Ludo M. (Red Light) pour leur précieuse collaboration.
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