I LOVE TECHNO 2007

Samedi 10 novembre, j'ai rendez-vous place de la Nation pour prendre le car affrété par PartyTrip pour me rendre au festival belge I Love Techno. Le rendez-vous est à 13h30, je suis à l'heure, comme la plupart des autres aficionados de musique électronique qui feront le voyage également. Nous décollons à 14h30, seulement une heure aura été nécessaire à remplir les trois cars. Bien joué.

Très bonne ambiance dans le car, il ne faudra même pas attendre 100 mètres pour que déjà la musique raisonne sur les deux étages, le ton est donné, toutes les têtes battent le rythme, certains commencent même à prendre l'apéro.

Nous arrivons après quatre heures de route, deux pauses pipi, il est 19h et le responsable de notre car part chercher nos billets, ce sont nos dernières minutes d'attente avant de se diriger, à pied cette fois-ci, vers le Flanders Expo de Gent.

Billets en poche, nous nous dirigeons vers le festival où l'entrée se fait tranquillement, sans fil d'attente. La sécurité à le sourire, les hôtesses d'accueil plutôt agréables à regarder, le son se fait doucement entendre au loin, bref, l'excitation monte ! Autour de moi, des anglais, des espagnols, des hollandais, des suisses, des allemands, des français, des belges évidement ... tous réunis pour faire la fête, une spécialité belge apparemment.

Ne vous déshydratez pas. Gardez un oeil sur vos amis. Ne prenez pas la voiture si vous avez bu. Buvez intelligemment, restez cool. Allez faire une pause dans le Chill Out. Voici quelques messages que vous pouvez lire tout au long de la soirée sur des panneaux lumineux ou sur des petits autocollants qui vous sont aimablement donnés à l'entrée du festival belge I Love Techno.

Me voilà donc à l'intérieur, je vais acheter les petits tickets qui permettent ensuite d'avoir des boissons ou à manger. Tickets achetés, mon programme à la main, un verre dans l'autre, j'opte pour la Yellow RoomTrentemoller commence à jouer. Très bon set pour ce représentant du label Poker Flat, ce n'est que le début de soirée et le monsieur sait accueillir : on commence tranquille, il faut que ça danse et ça danse ! Je ne reste pas jusqu'au bout car je veux voir le set de Boys Noize qui devait commencer dans la Orange Room ... je dis "qui devait" commencer car arrivé là-bas, je me rends compte que j'ai mal lu mon programme et que c'est en fait au tour des Klaxons de jouer. J'avoue ne pas être très friand de ce groupe, mais j'admets que j'ai été agréablement surpris. C'est surtout de voir un groupe de rock dans un festival électro qui finalement dynamise un peu les choses. J'y reste donc une bonne demi-heure avant de me rendre dans la Blue RoomSimian Mobile Disco débute son live. Excellent. Les deux ex-Simian (rendus célèbre par le remix que Justice a fait de "We Are Your Friends") James Shaw et James Ford, ce dernier étant par ailleurs le producteur de l’album des Klaxons et du deuxième Arctic Monkeys, attaquent sans concession, ça frappe méchamment et la salle s'enflamme instantanément.

C'est la troisième salle que je fais et je suis de plus en plus impressionné par les visuels, les lumières, les écrans, chaque salle à son identité propre, le son est impeccable à chaque fois, ça envoi la sauce sans pour autant qu'on ait besoin de gueuler dans les oreilles de son voisin pour lui demander du feu. Bref. Cette fois-ci Boys Noize ne va pas tarder à commencer. Retour dans la Orange Room. C'est blindé, c'est d'ailleurs la première fois de la soirée que je vois une salle qui affiche complet et qui ne laisse plus entrer personne. Heureusement pour moi, ça s'est joué à quelques minutes, j'étais déjà à l'intérieur. Boys Noize est aux platines, gros son, basses saturées, le public est content ... moi, je m'endors ! Aucune finesse dans le mix, juste du bourrinage, les titres s'enchaînent sans histoire. Je vais me chercher un sandwich.

Le ventre apaisé, je retourne dans cette même salle pour assister au live de Goose au détriment du live de Digitalism. Il est 0h30 et c'est enfin la première claque de la soirée. Un chanteur, une batterie et deux synthétiseurs, les Belges de Goose ont décidé de nous rentrer dedans. Signé sur le label Skint (le label de Fatboy Slim), ce quatuor est une véritable machine à danser ! Je ne rate pas une miette de leur prestation.

La deuxième claque de la soirée, pour ne pas dire le Dj de la soirée, ce n'est autre qu'Erol Alkan. Un peu plus de trois heures et demi de set d'une efficacité monstrueuse ! Là où un Dj passerait deux disques, Erol en aura déjà mis quatre. Je me plaignais de la froideur de Boys Noize, là c'est une autre affaire, ça monte, ça descend, ça accélère, ça se calme, la sélection est large, éclectique et le monsieur regarde devant, se penche sur ses platines et lève les bras pour demander à la foule d'en faire encore plus. Honnêtement la salle était dans un tel état qu'il était difficile d'en faire plus, ou alors il aurait fallu nous permettre de monter sur scène. E.r.o.l. Keeps kids dancing !

Le set se termine, la lumière s'éteint et on nous annonce l'arrivée sur scène du duo Justice. Pour avoir vu leur premier live à Paris à la Cigale, ayant trouvé à l'époque que c'était parfois un peu maladroit, parfois pas calé du tout, je voulais voir l'évolution au bout de plusieurs dates de tournée. La pause se termine, la croix s'allume sur scène, la salle est entièrement remplie ... Justice attaque avec le premier titre de leur album : Genesis. L'ambiance est hallucinante, le duo profite de sa notoriété, Gaspard est aux côtés de Xavier, pour lever le bras en l'air, comme d'hab, je ne sais pas réellement ce qu'il fait derrière les machines ... Je quitte la salle un peu déçu. Rien de neuf, la même recette. En traversant la salle centrale, je passe devant le stand Coca-Cola ... mon Dieu ... les serveuses sont habillées en infirmière, jupe au raz des fesses et porte-jartelles rouges, j'ai subitement envie d'un coca.

Je me dirige ensuite vers la Yellow Room pour le Dj set de Technasia. Pour les avoir vu plusieurs fois en live au Rex Club, j'étais curieux de voir ce que ça pouvait donner aux platines. Ce fut un très bon set, la température du public était très élevée, malheureusement, je suis encore sur Erol Alkan et j'ai du mal à m'y mettre totalement. Je quitte Technasia pour aller dans la Red Room, British Murder Boyz, ça tabasse bien comme il faut, c'est exactement ce qui me fallait pour terminer le festival. Tout en dansant, en regardant autour de moi, je me dis que c'est ici, dans cette salle, que j'aurais dû envoyer tous ces gens qui sont venu me demander des bonbons rigolos. Je commence à fatiguer, il est temps de retourner vers le car.

En sortant, je passe par le Chill Out, pas le choix, c'est sur la route. Difficile de vous décrire ce que j'y ai vu : tout un tas de gens étalés sur le sol, entre bouteilles et gobelets, ça fume, ça dort, ça titube ... c'est vraiment une vision particulière, à la fois très drôle et inquiétante, suis-je dans le même état ?

Se retrouver dehors est particulièrement désagréable, il fait froid, je suis fatigué. L'idée même que quatre heures de car m'attendent avant de retrouver mon lit me plombe complètement. C'est le moment pour moi de faire le point sur les côtés négatifs de cette soirée : 50 centimes d'euro pour pisser, avoir loupé Adam Beyer, Dave Clarke, Marko Balley, Digitalism et Alter Ego ... finalement c'est peu de chose, je retrouve le sourire, j'ai hâte d'être au chaud dans le car.


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